Agence de presse internationale AhlulBayt (ABNA) : La semaine dernière, le cardinal Matteo Maria Zuppi a participé à la présentation d’une collection intitulée « Fiches pour mieux connaître l’islam », organisée au palais Borromeo, siège de l’ambassade d’Italie auprès du Saint-Siège.
Élaborée avec la participation de chercheurs chrétiens et musulmans, en coopération avec les principales communautés islamiques d’Italie, cette collection aborde plusieurs thèmes, notamment l’histoire de l’islam, sa théologie, le Coran, la société musulmane et la spiritualité islamique. Elle s’adresse principalement aux établissements scolaires et aux enseignants. Son objectif est de lutter contre l’ignorance religieuse et de favoriser une connaissance plus précise de l’islam au sein de la société italienne.
Le cardinal Zuppi plaide pour une meilleure connaissance de l’islam
Lors de cette présentation, le président de la Conférence épiscopale italienne a souligné l’ampleur du manque de connaissances sur l’islam et appelé à développer son enseignement. Il a décrit la collection comme une initiative « à l’opposé de la théorie du choc des civilisations ».
Il a également mis en garde contre les titres et les discours médiatiques susceptibles d’alimenter l’islamophobie. Selon lui, mieux connaître les fidèles des autres religions contribue non seulement à la coexistence pacifique, mais permet aussi aux chrétiens de mieux comprendre leurs propres racines.
Les critiques de l’archevêque Carlo Maria Viganò
En réaction à cette initiative, l’archevêque Carlo Maria Viganò a publié, avant-hier, un texte sur le site Renovat io 21, dans lequel il s’est directement adressé aux musulmans d’Italie pour les mettre en garde contre le cardinal Zuppi.
Viganò a notamment affirmé que le président de la Conférence épiscopale italienne aurait contribué à affaiblir les enseignements catholiques et à réduire la fréquentation des églises.
Dans son analyse, Salvatore Izzo estime que ces accusations reposent sur l'association entre la crise de la pratique religieuse dans les sociétés occidentales et les activités du cardinal Zuppi. Il souligne qu'aucun élément précis n'a été avancé pour établir un lien entre l'enseignement consacré à l'islam et un affaiblissement de la foi catholique.
Connaître l’islam ne signifie pas renoncer à sa foi
Salvatore Izzo rappelle que l'étude de l'islam et la connaissance du Coran n'impliquent ni l'adhésion à cette religion ni l'abandon des convictions chrétiennes. Selon lui, la connaissance des religions permet au contraire de distinguer les doctrines religieuses, les communautés de croyants et les mouvements extrémistes. Elle contribue également à éviter que les actes de groupes violents soient généralisés à l'ensemble des musulmans.
L'auteur se réfère à la déclaration Nostra Aetate, l'un des textes du concile Vatican II, qui insiste sur le respect des autres religions, la reconnaissance des valeurs spirituelles communes et les efforts nécessaires pour surmonter les incompréhensions et les hostilités du passé.
L’héritage de la rencontre interreligieuse d’Assise
L'écrivain italien rappelle également que le cardinal Zuppi a évoqué le quarantième anniversaire de la rencontre interreligieuse d'Assise, organisée le 27 octobre 1986 à l'initiative du pape Jean-Paul II. Cette rencontre avait réuni des représentants de différentes religions autour de prières pour la paix.
Selon Salvatore Izzo, le projet pédagogique consacré à la connaissance de l'islam poursuit lui aussi des objectifs de respect mutuel, de dialogue interreligieux et de coexistence pacifique. Son contenu peut faire l'objet de débats et de critiques scientifiques, souligne-t-il, mais le présenter comme un signe de soumission à l'islam revient à s'éloigner d'un dialogue fondé sur la raison.
L'auteur conclut que la connaissance de l'islam ne constitue pas une menace pour la foi chrétienne, mais répond à une nécessité culturelle et sociale dans une société italienne pluraliste.
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